Artis
Une web app qui accompagne les artisans du meuble dans leur communication, de la photo à la publication

artisans interrogés, à Paris, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Occitanie
d'entre eux manquent de temps pour gérer leurs réseaux sociaux
user stories priorisées sur une matrice impact-effort
L'essentiel, avant le détail
- Le problème
- Les artisans du meuble trouvent leurs clients sur Instagram et par le bouche-à-oreille, mais n'ont ni le temps, ni le budget, ni toujours les compétences pour communiquer en ligne. Comment les accompagner dans la création de contenus sans leur demander ce qu'ils n'ont pas ?
- Mon rôle
- J'ai participé à la recherche et aux deux ateliers de co-conception, conçu le prototype de la web app et la landing page, et rédigé la stratégie commerciale et de communication du business plan.
- Le résultat
- Un MVP en cinq fonctionnalités, de la personnalisation au tableau de bord, une landing page, une identité de marque et un business plan complet, du modèle économique au plan de financement sur trois ans.
Montrer son savoir-faire sans y passer ses soirées
Le cadre : monter un projet entrepreneurial autour d'une problématique choisie, et en construire le business plan. L'artisanat pèse 1,9 million d'entreprises et 3,1 millions d'actifs en France ; je me suis concentré sur les fabricants de meubles, un marché de la décoration et de l'ameublement estimé à plus de 26 milliards d'euros.
Le secteur se transforme : un chef d'entreprise sur trois vient d'un autre métier, et 81 % des dirigeants d'entreprises artisanales voient désormais le numérique comme un réel bénéfice. Mais entre l'atelier, la vente et l'administratif, la communication passe toujours après.
De 32 entretiens à un MVP prêt à lancer
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01
Écouter 32 artisans avant de concevoir
J'ai interrogé des artisans recrutés dans l'annuaire, sur WeCanDoo et aux journées de l'artisanat du Viaduc des Arts, à Paris. Les entretiens couvraient tout leur quotidien : le travail à l'atelier, le réseau, les matières premières, le recrutement d'apprentis. Trois problèmes revenaient plus que les autres : la communication, le stockage et la commercialisation.
Recherche primaireCe qui freine les artisans
Où se situe le vrai blocage : dans la vente, la logistique, ou la capacité à se faire connaître ?
Ce que les entretiens ont révélé
- 27 artisans sur 32 manquent de temps pour gérer leurs réseaux sociaux, 22 pour promouvoir leurs produits
- 26 sur 32 utilisent pourtant les réseaux sociaux, mais 24 y consacrent moins de cinq heures par semaine
- 25 sur 32 estiment que le public manque de sensibilité au fait-main, un frein direct à leurs ventes
- 21 sur 32 manquent de trésorerie pour s'offrir des outils ou un professionnel de la communication
- Le stockage ne concerne que 12 artisans sur 32 : un vrai sujet, mais pas le plus partagé
Ce que j'en ai conclu
Le problème n'est pas l'absence de présence en ligne, mais son inefficacité faute de temps. La solution doit intervenir dès la création du contenu, coûter peu et ne demander aucune expertise.
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02
Cadrer la proposition de valeur
J'ai organisé les insights dans un value proposition canvas, en trois catégories : les tâches à accomplir, les irritants et les gains attendus. La problématique s'est resserrée : comment accompagner les artisans dans la création de contenus digitaux, sachant qu'ils n'ont pas le temps, l'argent et les connaissances pour le faire ? Le benchmark de dix outils, de Canva à Hootsuite, Buffer ou Later, a confirmé qu'aucun n'était pensé pour les spécificités du métier d'artisan.
PositionnementDeux cibles, un même besoin
À qui s'adresser en premier, et sur quel terrain se différencier des outils généralistes ?
Ce que le cadrage a établi
- Cœur de cible : les artisans déjà présents en ligne, qui veulent publier plus régulièrement pour vendre davantage
- Cible principale : ceux qui veulent exister en ligne sans y passer de temps, et ont besoin d'être guidés, jusque dans la prise de photo
- Les outils existants sont soit des éditeurs de contenu, soit des planificateurs, et parlent le langage des marketeurs
Le positionnement retenu
Un compagnon qui s'adapte au style et au ton de chaque artisan, et prend en charge toute la chaîne, de la photo à la publication, en une seule application.
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03
Co-concevoir et prioriser
Deux ateliers de co-conception, l'un pour la plateforme, l'autre pour la landing page, ont fait émerger neuf catégories d'actions, de la qualité visuelle des contenus au community management. Un premier Crazy 8 a produit un maximum d'idées en une minute chacune, un second les a affinées en huit écrans. J'en ai tiré huit user stories, puis une matrice impact-effort pour décider de ce qui entrait dans le MVP.
Matrice impact-effortCe qui entre dans le MVP
Quelles fonctionnalités font gagner le plus de temps aux artisans, pour l'effort le plus raisonnable ?
Les user stories prioritaires
- « Faire des photos de qualité pour que plus de gens soient attirés par mes créations » : une assistance à la prise de vue
- « Publier rapidement sur différents réseaux pour gagner du temps » : des formats adaptés à Instagram et Facebook
- « Ajouter un texte pertinent pour toucher ma cible » : des hashtags suggérés et un texte généré
- « Planifier mes publications pour garder un rythme régulier » : un calendrier
- La commande vocale et la réponse aux commentaires depuis l'application, jugées moins prioritaires, ont été écartées du MVP
Le périmètre du MVP
Un onboarding qui configure le style de l'artisan, un assistant à la prise de vue, au texte et au choix des horaires, un calendrier de publication et un tableau de bord.
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04
Concevoir un assistant, pas un éditeur
J'ai conçu une web app mobile, accessible sur tous les appareils pour un coût de développement maîtrisé. Dès la première connexion, l'artisan choisit son style et son ton, conservés pour toutes ses publications. L'assistant photo reconnaît l'objet et conseille le cadrage, un filtre corrige contraste et couleurs, puis l'IA propose des hashtags et un texte adapté à chaque réseau, que l'artisan peut régénérer. Il ne reste qu'à publier, ou à programmer sur les créneaux où son audience est la plus active.

Le parcours de création : choisir son style, photographier sa pièce avec l'assistant, puis valider le texte et les hashtags générés avant de publier ou de programmer -
05
Rendre le gain de temps visible
Le tableau de bord ouvre l'application sur ce qui compte pour l'artisan : publications, abonnés, mentions, taux d'interaction, et le temps économisé grâce à Artis, affiché en minutes. Des astuces contextuelles l'aident à progresser dans sa communication. Pour piloter le produit, j'ai défini les indicateurs à suivre : conversion des essais gratuits, rétention, contenus publiés par artisan, NPS.

La landing page en version mobile, puis le tableau de bord : performances de la semaine, temps économisé et conseils personnalisés -
06
Préparer le lancement
J'ai conçu la landing page qui porte la stratégie d'acquisition et le référencement, de l'arborescence au wireframe puis à la maquette. Dans le business plan, j'ai rédigé la stratégie commerciale et de communication : un lancement en région parisienne avant Lyon, Marseille et Toulouse, des partenariats avec les chambres de métiers, les coopératives et des écoles comme l'École Boulle, des influenceurs artisans comme ambassadeurs, et une présence sur Instagram, LinkedIn et Facebook.

La landing page : la promesse, « construisez et animez votre communauté sans perdre de temps », et les bénéfices chiffrés mis en avant 
L'identité de marque : une main d'artisan devenue personnage, et la promesse « Aider les artisans à mieux communiquer »
Ce que le projet a permis de construire
32 entretiens synthétisés en trois problèmes, dont un prioritaire : le temps consacré à la communication
Une proposition de valeur et un positionnement face à dix outils concurrents
Huit user stories priorisées en atelier, et un MVP en cinq fonctionnalités
Un prototype mobile, une landing page et une identité de marque
Une stratégie commerciale et de communication intégrée au business plan, avec un modèle par abonnement et un essai gratuit de sept jours
Le prototype n'a pas encore été testé auprès des artisans : les sessions de retour prévues, avec au moins vingt artisans et un objectif de 80 % de retours positifs, restent la prochaine étape
Ce que je retiens
- Une idée de départ ne survit pas toujours au terrain : c'est la récurrence d'un même frein, le temps, sur 27 artisans sur 32, qui a donné au produit sa direction.
- Avec l'IA générative, la valeur ne tient pas à la génération elle-même, mais à ce qui l'entoure : le style de l'artisan mémorisé, la possibilité de régénérer, et la décision qui lui reste.
- Concevoir un produit et son business plan en même temps oblige à relier chaque fonctionnalité à un coût, un prix et une cible : un bon garde-fou contre les fonctionnalités superflues.

